Cet article
est le premier d’une série sur le new age
Le 20e siècle a été
marqué par deux guerres mondiales responsables de plusieurs dizaines de
millions de morts. L’Homme sorti de ces carnages avaient essentiellement perdu
la foi en Dieu, ainsi que dans les institutions sociales et politiques. Au
début des années 1960, sur ce sol remué par la barbarie, une nouvelle
conception du monde trouvera un terrain fertile, promettant aux hommes une ère
nouvelle marquée par le renouvellement de toutes choses. Cette ère nouvelle
devrait s’inaugurer non par un processus politique ni même religieux - au sens
institutionnel du terme-, mais par des efforts individuels pour parvenir à
l’illumination intérieure. Promettant donc aux humains, un nouvel âge marqué
par un renouveau spirituel, cette autre conception du monde prendra le nom de
new age (nouvel âge en français). Pour les tenants du nouvel âge, l’être humain
peut atteindre l’illumination intérieure par l’éveil spirituel, seul moyen de
changer l’humanité. Pour y arriver, le new age puise à diverses sources :
mysticisme oriental, néo paganisme, psychologie transpersonnelle, mouvement du
potentiel humain etc… De manière plus
concrète, le new age séduit ceux qui l’approchent par des tentacules comme le
yoga, la télépathie, la recherche d’un état christique, l’usage des mantras, l’ouverture
des centres énergétiques et l’ouverture d’un supposé troisième œil.
En diversifiant de la sorte ses
sources d’inspiration, le mouvement du nouvel âge se présente comme une
construction syncrétique dont il n’est pas toujours aisé de saisir les contours.
Mais bien que de sources plurielles, le new age n’a qu’un seul but : faire
de l’homme l’artisan de sa propre réalité physique et spirituelle par le moyen
du plein potentiel qu’il détient. Voici une promesse qui n’a pas manqué de
séduire des générations entières de personnes à la quête d’un sens à donner à
leur vie. Mais le scandale le plus grand généré par cette nébuleuse mystique,
est d’avoir réussi à s’infiltrer dans l’Eglise au cours de ces 60 dernières
années. Vu que le mouvement puise à différentes sources sans être
officiellement unifié, il s’est servi de tous les moyens dont il dispose pour
atteindre le cœur de l’Eglise.
Dans un premier temps, les
théories Yoga ainsi que le néo paganisme et la psychologie transpersonnelle
paraissaient inadmissibles par la foi chrétienne. Aujourd’hui pourtant ils sont
tacitement admis dans l'Eglise (nous consacrerons d’autres articles
à cela). C’est donc par le mouvement de la réalisation du potentiel humain que
le new age a réussi à faire son entrée dans la chrétienté. Proposant aux
chrétiens de les conduire à une pleine réalisation de leur potentiel, le new
age a délicatement introduit dans le Christianisme, les théories du
développement personnel. Couplé avec l’évangile de la prospérité, cette approche
de l’homme (le développement personnel) a tôt fait de gagner un large public
dans le corps de Christ. Pour donner une connotation chrétienne à ce mouvement
au sein de l’Eglise, l’accent a très tôt été mis sur le potentiel de Christ en
nous, dans la perspective d’atteindre la pleine réalisation de notre identité
chrétienne. La version "chrétienne" donc du développement personnel n’a
eu de cesse de mettre le doigt sur ce potentiel déposé en l’homme né de nouveau
par le Saint-Esprit : lui martelant sans arrêt qu’il est puissant, capable d’accomplir des miracles et même d’être un
dieu. Pourtant, silencieusement le Seigneur nous rappelle : Je suis le cep, vous êtes les
sarments... sans moi, vous ne pouvez rien faire Jean
15v5. La séduction de ce message a
conduit progressivement le chrétien de la fin du 20e siècle et celui
du début du 21e à s’auto-glorifier sans même le réaliser. Par voie
de conséquence, l’Evangélisme de notre époque est majoritairement devenu un
culte à "l’homme
nouveau".
Car à force de regarder au potentiel déposé en nous plutôt qu’à celui qui y a
déposé le potentiel, nous avons fait le jeu du new age.
L’étape suivante de cette supercherie
ésotérique consiste à pousser les chrétiens vers ce que cette nébuleuse mystique
désigne comme : l’état christique. Par pernicieuse référence à notre
Seigneur et Sauveur, l’état christique est selon les tenants du new age, le
plus haut degré de la spiritualité qui consiste à prendre conscience de la
divinité qui est en l’Homme et à vivre selon elle (cette divinité). A ce
propos, il urge de marquer un arrêt sur le Psaumes 82v6 cité par Jésus-Christ
en Jean 10v34 en ces termes: N’est-il pas écrit dans votre loi : j’ai dit : vous êtes des
dieux ? Selon le Psaumes 82 que Jésus-Christ
cita, le terme dieu était un titre honorifique accordé aux juges d’Israël
uniquement parce qu’il rendait justice : tâche qui revient à l’Eternel
Dieu. Débattant avec les juifs de sa divinité, Jésus-Christ cita ce Psaume pour
déduire que si de simples mortels ont pu porter à titre honorifique le titre de
dieu, il n’est aucunement un scandale que le Fils unique de Dieu revendique sa
divinité. Malheureusement, une interprétation fantaisiste de ce passage à
donner à bien de chrétiens, l’occasion de se considérer comme des dieux, convaincus
de parvenir un jour à la pleine réalisation de leur supposé état christique.
Ils ignorent qu’en se considérant tel, ils acceptent le premier mensonge du
diable adressé à l’humanité : vous ne mourrez point : mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez,
vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux…Genèse
3v4-5. Faire de l’homme l’artisan de sa réalité physique et spirituelle
par le moyen de sa propre énergie : voilà ce qu’est le but poursuivi par
le mouvement du nouvel âge. Il est triste de voir qu’une chrétienté mal
affermie se soit laissée séduite par ce paganisme postmoderne. Demeurons sur
nos gardes pour éviter de transformer notre vie chrétienne en un culte dont
nous sommes le centre.
Samuel GOHOUNGO
M/A Histoire des religions
Abomey-Calavi, Bénin
24 septembre 2020

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